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Le monde : "s aimer comme on se quitte."

 
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nanou
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MessagePosté le: Mer 18 Juil - 17:53 (2018)    Sujet du message: Le monde : "s aimer comme on se quitte." Répondre en citant

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Publié Le 09.07.2018 à 08h15

S’aimer comme on se quitte : « J’ai dit à ma femme : “Je suis amoureux, mais d’un homme” »
Deux jours dans la vie des amoureux. Le premier parce que tout s’y joue, le dernier parce que tout s’y perd. A chacun de deviner ce qui s’est passé entre-temps. Cette semaine, Ludovic, 49 ans, se souvient.
Par LORRAINE DE FOUCHER
Temps de lecture : 6 min




Marié depuis douze ans, père de trois enfants, Ludovic a remis toute sa vie en question du jour au lendemain.
Le premier jour
« Je suis marié depuis douze ans, j’ai trois enfants. Je suis en pleine période de doute, j’affronte des courants contradictoires, je suis un territoire occupé à moi tout seul. Je suis encore très amoureux de ma femme, pourtant je cumule insomnies et angoisses. Je me dis que c’est à cause du boulot. Je rêve d’hommes, pas de femmes, j’ai l’impression que mon inconscient cherche à me transmettre quelque chose, sauf que je ne sais pas quoi. Je mets ça sous le tapis, je me rassure : je ne me suis marié ni par convenance ni par défaut, je ne fais pas semblant. Je sens qu’il y a un enjeu de ce côté-là, mais je ne sais pas comment m’y prendre.
« UNE FOIS LE MOMENT CONSOMMÉ, JE SUIS PÉTRI DE CULPABILITÉ. JE RESTE EN PLUS TRÈS ATTIRÉ PHYSIQUEMENT PAR MA FEMME. JE SUIS COMPLÈTEMENT PERDU. »

Je déjeune avec mon meilleur ami, qui est homosexuel. Je lui en parle un peu et m’effondre, en larmes. Il m’explique qu’il faut que j’aille voir un psy. Cette démarche me terrorise, j’ai peur d’ouvrir la boîte de Pandore. En même temps, je suis fatigué de devoir toujours donner le change. Je finis par franchir la porte du cabinet d’un psychiatre. J’ai une boule dans la gorge, plus de salive, les mains moites. Je raconte n’importe quoi pendant quarante-cinq minutes. A la fin, le psy me regarde, mi-consterné mi-amusé :“Maintenant, vous allez vraiment me dire pourquoi vous êtes venu.” Je balbutie quelque chose autour de mon identité sexuelle. Il m’assure que “tout ceci n’est pas grave, nous en parlerons la prochaine fois”, et me laisse avec mes questions : est-ce que je suis gay ? Bi ? Est-ce que je dois quitter ma femme ?
Je cherche à rencontrer des garçons, j’ai envie d’essayer. Je vais sur des sites, je prends mille précautions. Une fois le moment consommé, je suis pétri de culpabilité. Je reste en plus très attiré physiquement par ma femme. Je suis complètement perdu.
Je me rends à un colloque sur l’eau et l’assainissement à Toulouse pour mon travail. A midi, on déjeune sur de grandes tables rondes. Il reste une place à côté de moi.
Je termine l’entrée. Au plat chaud, il prend la place vide. Je reçois une décharge électrique dans la poitrine. Il est beau, brun, jeune, mon cœur s’accélère, je n’ai jamais ressenti ça. Il porte un pull beige qui lui donne un air de gardien de brebis des Pyrénées, contrebalancé par la finesse de ses mains. Il s’appelle Antoine. On se met à discuter, d’eau, bien sûr. On s’accorde pour se retrouver après la conférence, mais j’ai un train à prendre, on n’est pas dans la même salle, et je suis obligé de lui envoyer un message pour lui dire que je ne peux pas le revoir.
« LE SOIR, CHEZ LUI, TOUT EST EUPHORISANT, LE DÎNER, LE VIN, CETTE ENVIE QU’IL A DE M’EMBRASSER. IL ATTRAPE LE COL DE MON TEE-SHIRT, ME DEMANDE S’IL PEUT LE FAIRE, JE RESSENS UN AMOUR INCROYABLE. LES DERNIÈRES DIGUES TOMBENT. »

Dans le train du retour, je ne pense qu’à lui. Une fois à la maison, je lui envoie un mail très professionnel où je me propose de l’aider pour sa thèse sur l’eau qu’il est en train de terminer. On convient de se voir mais on n’y arrive pas. On échange par mails, on se rapproche par petites touches, on tourne autour du pot, sur cette ligne de crête si ardue, entre rapports professionnels et envies personnelles. J’essaie de le faire parler de sa vie pour avoir des informations, exercice d’équilibriste qui me permet d’apprendre qu’il est seul, qu’il a 29 ans et pas d’enfants. A quoi il ajoute : “Mais pourquoi me poses-tu autant de questions ?” Je fais tapis, comme au poker, et lui confie avoir peut-être une attirance pour les hommes. Il me répond dans la minute qu’il est gay. Je ne lui ai toujours pas dit que je l’avais en tête en permanence.
Arrive un week-end prolongé, celui du 1er-Mai. Notre rencontre devient indispensable. Ma femme part avec les enfants à Aix-en-Provence, je prends un billet d’avion pour Montpellier. On s’en va faire de la randonnée dans l’Hérault, la journée est magnifique, on ne fait que parler. Le soir, chez lui, tout est euphorisant, le dîner, le vin, cette envie qu’il a de m’embrasser. Il attrape le col de mon tee-shirt, me demande s’il peut le faire, je ressens un amour incroyable. Les dernières digues tombent. Je m’autorise enfin à aimer un homme.
“Je ne veux plus jamais voir d’autres yeux le matin que les tiens”, m’écrit-il dans un texto que je lis sur le quai de la gare. Je pleure comme une Madeleine, je retrouve ma femme et mes enfants, on remonte à Paris. Je lui dis tout : “Je suis amoureux, mais ça n’est pas d’une femme. C’est un homme.” Je m’attends à devoir faire ma valise. Pour elle, ce sont des instants très durs. “Il faut qu’on trouve une solution, me rétorque-t-elle, qu’on puisse rester ensemble le plus longtemps possible.” Mon psychiatre m’enjoint de me méfier de ce genre d’histoires feux de paille. Je multiplie les allers-retours dans le Sud, on s’écrit énormément de lettres manuscrites. “Tout le plaisir du crissement de la plume…” »
Le dernier jour
« Ma femme souffre beaucoup. Antoine finit sa thèse. Une petite musique selon laquelle je serais allé un peu vite en besogne commence à émerger dans ma tête. On enchaîne pourtant restos, hôtels et nuits incroyables. Je me souviens de cette suite où on voyait les monuments parisiens par la fenêtre. Notre amour nous emmène jusqu’à New York, j’ai planté femme et enfants pour y aller.
Je m’apprête à tout quitter pour aller vivre avec lui dans le Sud. On y passe un dernier week-end avant que je vienne m’y installer. On est sur une plage, au bord des ajoncs, on a marché l’après-midi puis on s’est assis. C’est l’hiver, il fait un peu froid mais on se tient chaud. On parle de notre future vie à deux, de mes enfants que je vais faire venir un week-end sur deux. “On ne va pas s’emmerder avec tes enfants”,m’oppose-t-il, calmement. Monte, avec le soir, un sentiment de panique : comment j’ai pu me tromper à ce point-là ?
« ANTOINE RESTERA MA PLUS BELLE HISTOIRE D’AMOUR. IL M’A RÉVÉLÉ À MOI-MÊME, J’AI ENFIN ARRÊTÉ DE CULPABILISER. »

Je remonte chez moi à Paris, il m’a écrit, fébrile : “Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce que j’ai dit ?” Je ne réagis pas. Il appelle sur le fixe, tombe sur ma femme. Plus il m’écrit, plus je prends mes distances. Il vient me voir au bureau. “Explique-moi, s’il te plaît”,supplie-t-il. “Je ne peux pas faire comme si je n’avais pas d’enfants.” Il me confirme ses propos de la plage, mes enfants sont un problème. “Si je dois choisir entre toi et mes enfants, je n’hésiterai pas, désolé.” Le moment est tendu, j’ai envie de le consoler, mais il a dépassé les limites. Je le laisse partir.
Antoine restera ma plus belle histoire d’amour. Il m’a révélé à moi-même, j’ai enfin arrêté de culpabiliser. Pourtant je viens d’une famille de gauche, ouverte et tolérante. Tout le monde a été bienveillant quand je l’ai annoncé. Je n’avais pas de freins familiaux ni sociaux, juste une vision trop orthodoxe de la vie, je me disais que ce n’était pas possible, pas comme ça. Antoine, lui, personne d’autre à part moi ne connaissait son homosexualité. Dès que je lui manifestais de l’affection dans la rue, il se dégageait. On s’était acheté des bagues qu’il a eu un mal fou à mettre.
J’ai fini par quitter ma femme, on s’entend toujours très bien. Je n’ai pas refait ma vie. Elle non plus. Je tombe amoureux des gens, pas d’un genre en particulier. Je ne suis pas encore complètement ­ “latéralisé” et je ne cherche pas à l’être. Antoine s’est marié, avec une femme, et a eu un enfant. »
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Pierre60
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Inscrit le: 17 Mar 2014
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MessagePosté le: Lun 23 Juil - 17:30 (2018)    Sujet du message: Le monde : "s aimer comme on se quitte." Répondre en citant

Très beau texte.


Chacun à son histoire, son vécu, ses occasions, ses doutes sur son OS. En fait, oui, chacun ici a passer par une période où secrètement, dans le fond de son jardin secret, fût fermer à clef un petit coffret d’où filtrait une petite voix qui nous tances l'esprit "Eh, t'aime les hommes mon homme. Et pas juste dans la fraternité. Aller, courage, vas-y. Tu n'es pas vraiment ce que tu montre aux autres. Sois honnête". Bref, très culpabilisante cette voix.
_________________
Bon papa, il faut te rendre à l'évidence, tu es homosexuel. Vient un temps où il ne faut plus chercher des réponses, il faut juste accepter.
Discussion avec mon plus jeune fils.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:50 (2018)    Sujet du message: Le monde : "s aimer comme on se quitte."

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